Countries: World, Central African Republic, Democratic Republic of the Congo, Israel, Ukraine Source: Caritas Chaque année, le 19 août, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de l’aide humanitaire afin de rendre…
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Countries: World, Central African Republic, Democratic Republic of the Congo, Israel, Ukraine
Source: Caritas
Chaque année, le 19 août, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de l’aide humanitaire afin de rendre hommage aux travailleurs humanitaires qui soutiennent les communautés touchées par les crises et les conflits. Alors que les violences à leur encontre atteignent des niveaux record, Caritas Internationalis met en lumière le rôle des acteurs religieux dans la promotion du respect du droit international humanitaire.
En cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, nous tenons à rendre un hommage appuyé à toutes les personnes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs missions humanitaires. Cette journée est l’occasion de rappeler à quel point le respect du droit international humanitaire (DIH) est essentiel pour garantir la protection des personnes déployées dans des zones de conflit. Ainsi, lorsqu’un travailleur humanitaire est pris pour cible, ce sont aussi les principes humanitaires mêmes, ainsi que le droit international humanitaire qui sont attaqués.
Ces trois dernières années, plus de 1 000 travailleurs humanitaires ont perdu la vie à travers le monde. Parmi eux se trouvent plusieurs membres de la famille Caritas, notamment des collaborateurs de Caritas tués à Gaza et à Marioupol, entre autres. Le 26 juillet dernier, Yana Zhernovskaya, travailleuse sociale de Caritas Kharkiv, a été tuée dans une frappe de missile russe qui a touché son domicile, tandis que son fils de 10 ans a été blessé dans l’attaque. Ces drames illustrent l’ampleur des dangers auxquels sont confrontées les équipes humanitaires sur le terrain.
Les travailleurs humanitaires sous attaque
Selon les données de l’ONU, la région du conflit de Gaza a atteint le niveau le plus élevé de violence jamais documenté dans l’histoire contemporaine des acteurs humanitaires. Caritas est présente à Gaza avec des travailleurs humanitaires qui se consacrent à leur travail quotidien avec engagement et dévouement, malgré le risque pour leur vie.
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Ces évènements rappellent que l’existence de règles ne suffit pas à garantir leur respect. La protection des travailleurs humanitaires repose également sur la capacité à faire vivre les principes du droit international humanitaire au sein des sociétés et à en renforcer l’appropriation par les communautés. Dans cette perspective, les organisations fondées sur la foi et les responsables religieux peuvent jouer un rôle important. Présents depuis longtemps au cœur des communautés, les acteurs religieux peuvent bénéficier d’une relation de confiance et d’une autorité morale qui leur permettent de promouvoir les valeurs du droit international humanitaire dans un langage fédérateur.
Leur engagement en faveur de la paix, de la protection des civils et du respect de toute vie humaine et de la dignité peut contribuer à renforcer l’adhésion aux principes humanitaires. Comme le souligne le rapport Strengthening the Moral Force of International Humanitarian Law Through Faith-based Advocacy (de l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève produit en collaboration avec Caritas Internationalis, Act Alliance et le Conseil œcuménique des Églises), lorsque l’expertise humanitaire s’allie à la crédibilité des responsables religieux, les appels au respect du droit international humanitaire gagnent en efficacité.
En République centrafricaine, les acteurs religieux ont une place majeure dans la promotion de la paix malgré une violence persistante. Depuis plus d’une décennie, le pays vit au rythme des crises humanitaires successives. Dans l’est du pays, les tensions se sont notamment intensifiées depuis mai 2025, où pèsent de nouvelles menaces sur les populations civiles. Dans le même temps, la diminution des financements humanitaires et le retrait progressif de certains acteurs réduisent les capacités d’intervention sur le terrain.
La République centrafricaine : les responsables religieux en première ligne
Dans ce contexte, l’Église catholique continue d’être présente auprès des communautés les plus isolées. L’évêque de Bangassou, S.E Aurelio Gazzera, qui exerce son ministère en République centrafricaine depuis de nombreuses années, témoigne de cette réalité et des risques auxquels sont confrontés ceux qui choisissent de rester aux côtés des populations.
L’assassinat récent du père Crépin Martial Monga, tué dans son diocèse en raison de son engagement en faveur de la paix, illustre dramatiquement ces dangers. Le père Monga a été tué à Zémio, dans le Haut-Mbomou, région du sud-est centrafricain déchirée par le conflit ethnique entre différentes milices locales. Médiateur reconnu entre rebelles et autorités, son assassinat non revendiqué illustre les dangers croissants pour les artisans de paix et les humanitaires.
Mgr Aurelio Gazzera : « Le dialogue est essentiel »
« Malgré les menaces qui sont réelles, nous continuons à le faire car nous sommes parmi les seuls à avoir la force et le courage de le faire », explique S.E Gazzera, évoquant le rôle de l’Église catholique et des autres confessions religieuses dans un contexte où l’espace de dialogue reste limité. Les communautés disposent de peu de moyens pour faire entendre leur voix et dénoncer les violations dont elles sont victimes. Les responsables religieux deviennent alors des interlocuteurs clés, capables de porter ces témoignages et de maintenir ouverts des espaces de dialogue.
Cette capacité à dialoguer avec différents acteurs constitue l’une des forces de la Plateforme interreligieuse pour la paix, qui réunit des hauts responsables catholiques, musulmans et protestants. Selon S.E Gazzera, la plateforme a permis de rencontrer les autorités, les forces armées et les communautés de manière ouverte, contribuant à mieux comprendre les réalités du conflit et à améliorer la situation sur le terrain.
L’expérience montre que les appels au respect du droit international humanitaire sont d’autant plus susceptibles d’être entendus lorsqu’ils s’inscrivent dans une relation de confiance et dans une compréhension des contextes locaux. Grâce à la légitimité qu’ils ont acquise au sein de leurs communautés, à leur présence durable auprès des populations et à la neutralité qui leur est souvent reconnue, les acteurs religieux peuvent atteindre des parties prenantes aux conflits difficiles d’accès pour les organisations humanitaires et contribuer à promouvoir la paix.
C’est en conjuguant les forces et les savoirs de chacun que les principes du droit international humanitaire peuvent véritablement prendre vie. Là où les acteurs humanitaires apportent leur expertise en matière de protection et du droit international humanitaire, les responsables religieux mettent leur connaissance du terrain, leur proximité aux populations et la confiance dont ils bénéficient au service des communautés.
Cette complémentarité permet de porter les principes humanitaires et le droit international humanitaire au plus près des réalités vécues et de renforcer leur respect, tout en contribuant à mieux protéger celles et ceux qui, chaque jour, risquent leur vie pour venir en aide aux populations touchées par les conflits.
Car derrière chaque travailleur humanitaire protégé, ce sont des communautés entières qui peuvent continuer à recevoir l’aide et le soutien dont elles ont besoin. Protéger les travailleurs humanitaires, c’est protéger la vie, la dignité et l’espérance pour les populations prises dans les conflits.
Par Anaïs Jeanjean, Études européennes et internationales, Université Sorbonne Nouvelle de Paris
Regardez l’interview avec Mgr Aurelio Gazzera:
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